Je suis revenu en long sur l’impossibilité technique de la mise en place d’HADOPI d’une manière efficace, je ne reviendrai donc pas la dessus. Malgré tout, cela se confirme puisqu’après de nombreux reculs, la date de début des envois des premiers lettres est maintenant pour fin juillet.
Mais, ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est une phrase de notre premier ministre (François Fillon) lors de son discours sur les nouvelles technologies. En plus, d’annoncer une offre triple play à 20e pour les foyers les plus modestes et une aide pour le déploiment de la fibre dans les zones à moyenne densité, il a prononcé une phrase qui me semble importante à noter: “Internet est devenu un outil essentiel au même titre que l’électricité. Y accéder à un tarif abordable et à haut débit est un impératif de justice sociale”. Mais alors, HADOPI serait donc devenu contraire à la justice sociale ? En tout cas, cela montre l’incompréhension total par notre gouvernement des nouvelles technologies quand il s’agit de faire plaisir aux majors mais subitement une compréhension plus réelle quand il s’agit de faire dans le social à quelques semaines des éléctions régionales.
Je profite de ce poste pour revenir sur le discours de Nicolas Sarkozy au monde de la culture. En effet, dans ce discours, il annonce qu’ “indépendamment des avertissements, la Haute autorité devra concevoir en permanence les solutions les plus modernes pour protéger les œuvres. Mieux on pourra dépolluer automatiquement les réseaux et les serveurs de toutes les sources de piratage, moins il sera nécessaire de recourir à des mesures pesant sur les internautes. Il faut donc expérimenter sans délai les dispositifs de filtrage”. Virgin Media a été plus rapide en Angleterre et est déjà entrain d’essayer le DPI mais pour évaluer la quantité de contenue illégale circulant sur son réseau. Il faut rappeller que l’Australie a voulu mettre en place une telle infrastructure au niveau du pays mais qu’ils ont fini par se dire que cela était impossible sans perturber fortement le réseau i.e. réduire la vitesse de celui-ci. Il faudra aussi voir si le DPI est possible en France car cela revient à écouter toutes les communications. De plus, le DPI comme je l’ai déjà expliqué ne fonctionne pas/peu sur les flux cryptées et est donc déjà dépassé.
Pour finir, le DPI en France, cela couterait environ 150 millions d’euro et serait très complexe à mettre en place. En effet, des FAI comme Free n’ont pas un point de sortie centralisée pour toute la France mais plusieurs, il faudrait donc tous les relier avec du matériel DPI et encore les flux interne aux réseaux des FAI passerait surement outre… Donc un DPI dans chaque DSLAM, ca va couté cher… Voulons-nous réellement dépenser autant d’argents (car d’après la loi, si un dispositif de type DPI était mise en place en France, ce serait à l’Etat et pas au FAI de payer) pour aider des majors qui se portent plutôt bien (remonter de la vente de musique même dans la nation du Parti Pirate [1]) mais qui tardent juste à adapter leur model de fonctionnement ?
[1] Music Sales Increase in Sweden
Tags: Hadopi, liberticide, license globale, p2p, piratage, surveillance, torrent