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Faisabilité d’un filtrage anti téléchargement de fichiers sous copyright à l’échelle de la France: Le cas du DDL (Rapidshare/Megaupload)

Tuesday, January 26th, 2010

Comme je l’ai expliqué dans de nombreux billets précédents, la mise en place d’HADOPI est voué à l’échec car elle a déjà un train de retard. En effet, la plupart des personnes qui téléchargent et qui n’ont pas de connaissances techniques en informatique i.e. la cible d’HADOPI n’utilise plus ou de moins en moins les services P2P comme Edonkey, Kazaa ou autres protocoles de P2P. Ce qui est désormais à la mode, c’est majoritairement (d’après plusieurs grands organismes publics et privés en France) le téléchargement direct ou direct download (DDL).

Le plus connu des sites de DDL et l’un des premiers est RapidShare qui doit son succés aux dizaines de teraoctets de données sous copyright qui sont stockées sur leurs serveurs. Mais, il ne sont pas les seules, megaupload est en pleinne extension, en effet, ce dernier se trouvant en Asie, il est plus difficile à atteindre pour les lois européennes alors que RapidShare se trouve lui en Allemagne. De plus, RapidShare a déjà donné les IP et comptes (donc les noms) de personnes ayant uploader du contenu sous copyright sur leur serveur alors que megaupload ne l’a pas encore fait (à ma connaissance). Un des autres intérêts de ces sites de DDL est la simplicité d’utilisation, en effet, les utilisateurs ont juste à cliquer sur un lien hypertexte ce qui est au niveau de n’importe qui. De plus, de plus en plus de logiciels permettent d’automatiser le processus et de faciliter l’utilisation de tels sites.

Mais comment ces sites fonctionnent ? Contrairement aux alternatives sous P2P, ces sites stockent réellement les fichiers sous copyright. Les sites P2P comme PirateBay ne stockent qu’une sorte de lien hypertexte qui permet aux utilisateurs partageant ou voulant le même fichier de se retrouver et d’échanger le fichier. Aucun transfert ne passe par le site P2P et aucun fichier n’y est stocké. Contrairement, les sites de DDL recoivent le fichier depuis un utilisateur unique, le stocke sur leur disque et le renvoi aux utilisateurs. Tous les transferts passent donc par les serveurs du site de DDL. Résultat, pour garder des vitesses élevées, il faut que le site est une bande passante très grande (plusieurs gb/s). Pour cela, les sites comme megaupload achétent des dizaines de serveurs à bas cout pour stocker les fichiers et avoir de grandes bandes passantes dans virtuellement tous les pays demandeurs de ce genre de fichiers. Pour l’Europe, il est simple de voir que Megaupload loue majoritairement ces serveurs chez OVH. Cela doit être identique dans les autres pays.

Comme je viens de l’expliquer, les demandes en matériel et en bande passante sur les sites de DDL (et de streaming puisque le fonctionnement est similaire) sont très fortes et ont donc un cout très élevés. Ces sites survivent en fournissant des abonnements payants qui ne sont ni plus ni moins qu’un droit de téléchargé a très haut débit des fichiers sous copyright. Contrairement à 99% des sites de P2P, ces sites sont gérés par des sociétés commerciales qui font de très large profit. La personne téléchargeant est de plus contrairement aux personnes utilisant le P2P uniquement un consommateur et ne fournit en échange que son argent à la société du site de DDL. Au niveau éthique, nous sommes donc très loin du principe de partage cher au communauté de partage de fichiers. C’est belle et bien des sociétés faisant de l’argent sur le téléchargement de fichiers sous copyright. Mais cela, nos chers gouvernements ne semblent pas s’y intéresser après tout si ces sociétés font de l’argent c’est que leur buisness plan doit être bon et donc qu’elles sont légitimes dans une société ultra libéraliste où tout doit être dérégulé, non ?

Mais revenons sur les possibilités de filtrage, de détection, etc, bref de pouvoir appliquer HADOPI (4,5,6 ou autres que le gouvernement ne tardera pas à nous sortir) à ces sites de DDL. La première approche sera surement de réutiliser la structure actuelle prévue par HADOPI. Mais comment relever les IP de personne téléchargeant sur de tels sites ? En effet, contrairement aux P2P, où les échanges se font entre internautes, la il n’y a pas de possibilité de savoir pour une personne téléchargeant qui a envoyé le fichier. En effet, tout ce qui est possible de connaitre, c’est l’adresse IP du serveur du site de DDL contenant le fichier. Il faudrait donc que la société fournissant le service de DDL donne le fichier de logs contenant l’intégralité des IPs ayant télécharger et/ou uploader des fichiers sous copyright. Comme je l’ai expliqué, ces sociétés se trouvent à l’étranger et font leur argent sur le téléchargement de fichiers sous copyright, elles n’ont donc aucun intérêt à dénoncer leurs propres clients. Cela reviendrait à se tirer une balle dans le pied! De plus, n’étant pas contraint à la législation française, cela risque de poser problème. Le gouvernement pourrait donc essayer de saisir physiquement les serveurs de ces sites se trouvant en France mais cela ne fonctionnerait qu’à un moment t et il faudrait refaire cela chaque jour avec chaque serveur pour avoir des nouvelles IP tous les jours. Même si ce genre d’approche était appliquée, les sociétés de DDL louerait tout simplement des serveuers dans d’autres pays et/ou chez des providers dit bulletproof (leaseweb, theplanet, etc) ce qu’ils font déjà.

Puisque le modéle HADOPI ne peut pas fonctionner sur les sites de  DDL, pourquoi ne pas réutiliser le modéle qui va être mise en place via LOPPSI2 et d’autres lois pour le blocage des sites pédophiles et des sites de jeux d’argents ? Tout d’abord, il faut expliquer comment va fonctionner ce filtrage/blocage. Le principe sera de rerouter des IP s contenant ces contenues illégaux vers des serveurs maintenus par le gouvernement. Résultat, si vous accédez à de tels IPs vous serez rediriger vers un site du gouvernement vous disant que ce site est bloqué en France. Ce filtrage se faisant au niveau BGP, il sera en effet très efficace même si il ne va pas bloquer des sites Internet mais des adresses IP. Vu la simplicité de migrer un site vers une autre adresse IP cela risque d’être peu efficace.

Mais revenons à l’application de ce filtrage pour les sites de DDL. Il faut savoir que ces sites disposent de centaines (milliers?) de serveurs partout dans le monde et donc il faudrait bloquer ces centaines d’IP. Mais cela ne suffirait pas, en effet, ces serveurs changent souvent pour éviter justement ce type de filtrage et il faudrait donc maintenir à jour des listes d’IP à bloquer très conséquentes. De plus, ces serveurs étant souvant louer dans des salles serveurs classiques, il se retrouve au milieu de serveurs de sociétés totalement légitimes. On risquerait donc de se retrouver avec beaucoup de blocage abusifs et donc une très forte déterioration de la qualité d’Internet. En plus, ce filtrage serait simple à passer outre en passant par un mirroir/proxy à l’étranger (cela coutant quelques euros, ça ne semble pas être un facteur bloquant même pour Madame Michu).

Notre président, Nicolas Sarkozy, a parlé de filtrage comme expérimenter dans d’autres pays. Je suppose qu’ils parlent de DPI expérimenté en Australie (et en voie d’abandon). Le principe du DPI ou Deep Packet Inspection ou Inspection Profonde de Packet est d’analyser le contenu des packets transitant sur Internet. Contrairement au filtrage par IP, le DPI ne va pas uniquement analyser l’adresse IP source et destination du packet mais la totalité de son contenu. Il va donc pouvoir extraire des données comme l’URL, le fichier transitant, etc. Il serait donc théoriquement possible de bloquer tous les packets contenant comme URL megaupload ou rapidshare par exemple. Mais cela ne fonctionne que si le packet est en clair, il est impossible d’appliquer ce fonctionnement sur un packet crypté. En plus, cela reviendrait à bannir la totalité de ces sites ce qui ne semble pas possible par la loi française vu que ces sites fonctionnent tout à fait légalement. Il faudrait donc analyser la totalité de l’URL pour ne bloquer que le téléchargement de fichiers sous copyright. Pour cela, il faudrait faire une liste de tous les fichiers sous copyright sur ces sites soit des millions (milliards) de liens ce qui est impossible.  La methode de passer par un mirroir/prpxy chiffré permetterait à moindre cout de passer outre ce type de filtrage. Sachant que pour quelques euros, vous pouvez passer outre un système à plus de 150 millions d’euro, cela sert-il réellement de le mettre en place? En plus, la DPI aménerait un ralentissement globale de tout l’Internet en France.

Il faut savoir que le DPI est utilisé actuellement pour le great wall of china (GWC) avec plus ou moins de succés mais il coute des dizaines de millions d’euro et des centaines de personnes travaillent dessus. Faut-il arriver à un tel armement en France pour protéger les intérêts privés de quelques compagnies alors que nous ne sommes même pas sur que le partage de fichiers leur fait vraiment perdre de l’argent ? Leur CA et leur profit ont l’air de très bien se porter dans cette période de crise. La liberté d’expression serait aussi largement attaqué par ce genre de système, voulons-nous en arriver là ?

Il faut trouver une alternative, il faut que la créativité et les oeuvres d’arts continuent mais il faut réfléchir à un nouveau modéle qui permettra à tout le monde de bénéficier de la culture et à la culture de se développer.

La société chargée de relever les IP des Internautes téléchargeant des fichiers sous Copyright a été choisi: Trident Media Guard

Monday, January 25th, 2010

La société TMG (Trident Media Guard) avait déjà fait parler d’elle de part le nom célébre d’un de ces administrateurs: T. Lhermitte. Maintenant, c’est sur la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) a annoncée que TMG serait chargé pour eux (mais également pour l’industrie du film) de relever les IP des Internautes téléchargeants.

En pratique, ce sera 10000 oeuvres de musiques dont 5 000 anciennes et 5 000 nouveautés qui seront surveillées. Par contre, on ne sait pas comment et où sera surveillé le téléchargement sur ces oeuvres. En effet, autant il est simple de relever la liste des IP listés dans un tracker pour un torrent donné, autant, cela demande déjà plus de ressources de relever toutes ces IP dans l’ensemble des trackers torrents puis de localiser celle se trouvant en France. Même dans ce cas, il faudrait qu’ils expliquent comment ils seront capable de relever les IP sur des téléchargement non P2P. En effet, sous Emule, Ed2K, torrent ou autres, cela est du domaine du possible, autant sur des sites de streaming ou direct download cela est impossible sans un filtrage global au niveau des FAI (et encore cela reste largement non trivial). Hors, actuellement, c’est largement plus de 50% des téléchargement qui sont fait sur ce type de service et cela ne fait qu’augmenter exponentiellement car l’utilisation du DDL est très simple (Mme Michu y arrive).

Malgré que le contrat soit passé, cela ne veut pas dire que la récolte d’adresse IP va commencer tout de suite et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la CNIL doit donner son accord sur deux decrets puis sur le contract en lui-même. En effet, le processus de collecte automatique de donnée tel que les IPs est régie par la CNIL et il faut donc leur accord.

Le même type de contract est actuellement en cours pour l’industrie du films et devrait porter sur la surveillance d’une centaine de films.

Alors que nous attendons toujours le decret expliquant le fameux logiciel de sécurisation et où la mission Zelnik (ou HADOPI3) est bloqué de par les divergences des différents acteurs du secteur de l’industrie du disque, la partie répressive elle avance bien. Mais cela sera-t-il réellement efficace ? Non et cela pour plusieurs raisons: tout d’abord au niveau de la musique mdiême si le catalogue est assez large, il visera clairement la musique commerciale à production industrielle et en aucun cas les oeuvres musicales en elle-même. Cela sera également vrai pour l’industrie du film et encore plus car sur 100 films, il faudra s’attendre à de la grosse production et pas à des oeuvres cinématographiques. Deuxièment, cette loi devait ralentir le téléchargement en insitant les personnes téléchargeants de s’orienter vers d’autres alternatives. Mais, puisque la majorité des personnes ne sera pas touché car ils téléchargent via DDL ou autres méthodes où relever les IP ne rentrent pas dans le cadre d’HADOPI, ce volet ne fonctionnera. De plus, les personnes téléchargeant par P2P (majoritairement torrent) sont maintenant des personnes ayant un bon niveau technique, les autres ayant migré vers des solutions plus simple comme le DDL. Hors, ces personnes sont déjà (ou seront) équipé de VPN ou autres solutions permettant d’avoir une adresse IP non française et échappant donc totalement à HADOPI.

Au final, comme cela était prévisible, on va vers une loi inapplicable qui va taper sur deux trois personnes sans réellement fonctionner. Et comme d’habitude avec les lois liées aux technologies, le texte est déjà largement en retard. En plus, comme on pouvait l’attendre, c’est l’industrie du divertissement qui sera protégé et pas l’art.

HADOPI: F. Fillon tue la riposte graduée avant même son application ?

Tuesday, January 19th, 2010

Je suis revenu en long sur l’impossibilité technique de la mise en place d’HADOPI d’une manière efficace, je ne reviendrai donc pas la dessus. Malgré tout, cela se confirme puisqu’après de nombreux reculs, la date de début des envois des premiers lettres est maintenant pour fin juillet.

Mais, ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est une phrase de notre premier ministre (François Fillon) lors de son discours sur les nouvelles technologies. En plus, d’annoncer une offre triple play à 20e pour les foyers les plus modestes et une aide pour le déploiment de la fibre dans les zones à moyenne densité, il a prononcé une phrase qui me semble importante à noter: “Internet est devenu un outil essentiel au même titre que l’électricité. Y accéder à un tarif abordable et à haut débit est un impératif de justice sociale”. Mais alors, HADOPI serait donc devenu contraire à la justice sociale ? En tout cas, cela montre l’incompréhension total par notre gouvernement des nouvelles technologies quand il s’agit de faire plaisir aux majors mais subitement une compréhension plus réelle quand il s’agit de faire dans le social à quelques semaines des éléctions régionales.

Je profite de ce poste pour revenir sur le discours de Nicolas Sarkozy au monde de la culture. En effet, dans ce discours, il annonce qu’ “indépendamment des avertissements, la Haute autorité devra concevoir en permanence les solutions les plus modernes pour protéger les œuvres. Mieux on pourra dépolluer automatiquement les réseaux et les serveurs de toutes les sources de piratage, moins il sera nécessaire de recourir à des mesures pesant sur les internautes. Il faut donc expérimenter sans délai les dispositifs de filtrage”. Virgin Media a été plus rapide en Angleterre et est déjà entrain d’essayer le DPI mais pour évaluer la quantité de contenue illégale circulant sur son réseau. Il faut rappeller que l’Australie a voulu mettre en place une telle infrastructure au niveau du pays mais qu’ils ont fini par se dire que cela était impossible sans perturber fortement le réseau i.e. réduire la vitesse de celui-ci. Il faudra aussi voir si le DPI est possible en France car cela revient à écouter toutes les communications. De plus, le DPI comme je l’ai déjà expliqué ne fonctionne pas/peu sur les flux cryptées et est donc déjà dépassé.

Pour finir, le DPI en France, cela couterait environ 150 millions d’euro et serait très complexe à mettre en place. En effet, des FAI comme Free n’ont pas un point de sortie centralisée pour toute la France mais plusieurs, il faudrait donc tous les relier avec du matériel DPI et encore les flux interne aux réseaux des FAI passerait surement outre… Donc un DPI dans chaque DSLAM, ca va couté cher… Voulons-nous réellement dépenser autant d’argents (car d’après la loi, si un dispositif de type DPI était mise en place en France, ce serait à l’Etat et pas au FAI de payer) pour aider des majors qui se portent plutôt bien (remonter de la vente de musique même dans la nation du Parti Pirate [1]) mais qui tardent juste à adapter leur model de fonctionnement ?

[1] Music Sales Increase in Sweden


Liberté et Vie Privée à l’heure d’Internet: Importance de la protection face à la chasse aux sorcières

Monday, October 26th, 2009

Avec le passage d’HADOPI 2 en France et la confirmation par le conseil constitutionnel, nous sommes maintenant en France dans un pays où la surveillance et la délation des citoyens par les grands conglomérats financiers est autorisée par la loi et même insitée. Alors que clairement, cette idée de surveillance et de flicage de l’Internet plait beaucoup à droite ou tout du moins au sein de notre gouvernement (jeux sur Internet filtré, protection de l’enfance, pédophilie, vente de cigarette, partage de fichiers hors sites payants, etc), la gauche française dans son ensemble reste relativement peu active dans ce secteur (je parle ici de la gauche qui est élu à l’assemblée). Mais alors pourquoi et quelles sont les dangers pour la liberté et la vie privée ?

Je pense que personne ne reviendra sur le faite que notre gouvernement est plus à l’écoute du capital et des grandes entreprises que ces propres citoyens (paquet fiscal, aide aux banques, absence de plan banlieue, loi liberticide comme LOPPSI, EDVIGE ou peu importe les nouveaux noms sous lesquelles ces lois sont passées). Alors, comment notre gouvernement compte protéger notre vie privée et est-ce que cette vie privée a une “valeur” supérieur aux intérêts des grandes entreprises ?

Clairement, notre vie privée ne semble avoir aucune valeur vis-à-vis de notre gouvernement par rapport à l’argent des grandes entreprises. En même temps, je pense que ce n’est pas le gouvernement mais la sphére politique française dans son ensemble qui est corrompu par les tout puissants lobbys. Avec LOPPSI, on est ici la à de la surveillance pour la défense nationale contre le terrorisme et je reviendrai plus tard sur cette loi dont j’ai déjà parlé dans des billets précédents. Mais ce qui est plus inquiétant de mon point de vue, c est la miriade de nouvelles lois qui sont actuellement en discussions et dont le but est de permettre à des entités privées de limiter les accès sur Internet. Et encore, je dis limiter car je ne fais que répéter ce que disent ces lois même si en pratique, ces limitations seront totalement inutile. En effet, même pour des causes qui sont tout à fait légitime et que personne ne discute comme la pédophilie, il a été prouvé en Allemagne que le filtrage de ces sites est inéfficace. L’Allemagne est en passe d’abandonner ce type de filtrage car inutile. De plus, des cas grâves d’atteinte à la liberté d’expressions (i.e. des cas de censures), on était permis grâce à ces systèmes comme le filtrage partiel de wikipedia en Angleterre à cause d’une “erreur” dans un filtre ce type.

Alors, en France, maintenant nous avons des sociétés comme le PMU et la Française des jeux qui peuvent demander de filtrer des sites de jeux d’argents en ligne illégaux mais vu la loi, on peut supposer qu’ils peuvent faire interdire tout ce qu’ils ne leur plaient pas. On parle de faire la même chose avec un filtrage très restrictif pour les enfants. Maintenant, c’est les tabacs qui demandent de pouvoir filtrer les sites de vente de cigarettes. Au final, tout le monde va finir par demander un droit de filtrage sur Internet. C’est bien ça le problème, la fin de la liberté d’expression et la liberté tout simplement au profit de l’argent. Internet ne peut pas être limité par un seul pays, cela est totalement stupide car très cher et relativement inefficace. Même des “républiques” comme la Chine n’arrive pas malgré des investissements conséquents à limiter leur Internet (qui est déjà assez éloignée du notre). Toutes ces lois devraient tout simplement être interdites car remettant en cause la neutralité d’Internet. Et c’est bien ça le problème, veut-on ou non garder une neutralité totale du média qu’est Internet ?

A mon avis, oui, c’est essentielle. En effet, sans neutralité, très rapidement uniquement les gros conglomérat comme Google et MS pourront se permettre d’avoir des sites avec contenues demandant des fortes bandes passantes. Tous les petits acteurs ne pourront plus se le permettre. On se retrouvera avec un Internet à plusieurs vitesses ce qui arrivera tot ou tard à une censure même implicite.

HADOPI permets de légitimer la surveillance des réseaux par une société privée à but commercial. Comme on a pu le voir, les sociétés anti-pirates sont totalement rentable quand il s’agit de demander de l’argent aux internautes même avec des preuves limités. Donc on peut s’attendre à beaucoup de demandes même sans légitimité. De plus, avec HADOPI 2, c’est la double peine avec coupure + amendes.

Au final, tout cela ne permettra pas un accès plus libre à l’information ou plus de vie privée car il faut privilégié l’argent et la religion capitaliste. Alors, c’est le temps pour la gauche de se reveiller et de proposer une vraie alternative. Les verts (via The Green au niveau européen) soutiennent les actions du parti pirates. La gauche suédoise s’y met. Il serait temps qu’en France, on propose une alternative à HADOPI lors des éléctions et pas une sorte de cacophonie indigne organisée par les lobbys (qui ont tres bien réussi à tourner les députés de gauche comme de droite vers eux pour un maximum de profit).

Les artistes contre leur maison de disques: Plus de fans ? Moins de clients.

Monday, September 7th, 2009

L’industrie du disque (et plus largement des médias) communique depuis des mois sur le faite que tout personne téléchargeant et partageant sur Internet est un criminel qui refuse de payer pour écouter de la musique. Malgré cette communication, des études ont montré le contraire: les personnes qui partagent de la musique sont généralement des fans de musiques qui achètent plus que la moyenne. En effet, quel moyen plus simple que de télécharger un album pour l’écouter et se faire une idée dessus pour aller l’acheter ou non après. Car c’est bien beau mais à plus de 15€ le moindre album, il faut aimer le groupe pour dépenser autant d’argent qui finiront à 95% dans les poches de personnes n’ayant rien à voir avec le milieu artistique.

Les derniers mois nous ont bien montré que l’industrie n’arrivait pas du tout à réaliser cela et qu’ils avaient préféré déclarer la guerre contre leur propre client, et leur source de revenue, en proposant en Angleterre une loi permettant de déconnecter les personnes soupsonnées de partage de fichiers. Plutôt que de trouver de nouvelles méthodes permettant de proposer des alternatives à un système de vente archaique, ils préférent pousser leur vieux modèles et punir les fans (et leurs clients). Je voudrais rapeller que c’est un projet de loi et pas une loi contrairement à ce que aurait pu dire notre très cher ministre de la culture au Grand Journal de Canal+ (Lundi 31 Aout je crois).

Tout comme en France il y a quelques mois, les artistes sont inquiets de cette nouvelle loi et n’ont comme d’habitude été prévenu qu’au dernier moment, les décisions des industries du disque n’étant surement pas pris par des personnes faisant de la musique… Des associations d’artistes se sont même levées contre cette loi et ont nommé la loi illogique et extrêmement négative. Ils sont donc en confrontation direct avec les dires de leur propre labels. Ces “maisons de disques”, elles bien sûr, crient à qui voudra bien l’entendre qu’elles vont fermer et pour étayer tout ça, quoi de mieux que des belles statistiques venuent de nul part et non vérifiable…

Bien sûr dans la réalité, de telles lois ne font qu’éloigner les fans de leur artisites et plus particulièrement des labels. Les artistes se lévent de plus en plus contre leur labels et préférent faire sans. Bien sûr, cette lutte ne sert à rien car elle est perdue d’avance et la seule solution réaliste est que les labels réfléchissent à de nouveaux buisness model plutôt que de s’attacher à un ancien qui est mort et enterré.

Librement inspiré de TorrentFreak

Quand les pirates servent de vaches à lait

Monday, August 31st, 2009

Durant ces derniers mois, plusieurs procés aux USA ont été gagné par la RIAA avec des dédommagements totalement fou (1.92 millions de dollars et 675 000$). De plus, de part le monde (aux USA mais aussi UK, France, Allemagne, etc), des milliers de personnes utilisant le P2P ont été contactée par des sociétés d’anti-piratages.

Digiprotect qui est surtout connu pour avoir pourchasser des utilisateurs de P2P pour avoir partager du contenu pornographique (sous copyright) a réussi à bien optimiser sa pourchasse de pirate pour gagner le maximum d’argents. Contrairement à la plupart des sociétés du genre qui préférent rester cacher du grand public, Digiprotect donne des interviews et explique sa manière de faire: “Nous achetons les droits (légaux) de distribution à des compagnies puis nous poursuivons les personnes partageant illégalement ces copyright. Pour cela, nous lançons des menaces dans le plus de pays possible, tout en nous concentrant sur les endroits où les actions en justice ont le plus de chances d’aboutir”.

En pratique, cela veut dire que Digiprotect achète les droits de distributions d’un contenu pouvant être de la musique, un film, des jeux directement aux majors ou autres sociétés. Puis ils vont partager ce contenu sur divers réseaux P2P. Ils ont ensuite plus qu’à attendre que des personnes viennent télécharger leurs fichiers. Ils vont ensuite récolter leurs IPs et vont lancer une action en justice via l’un de leurs cabinets d’avocats associés.

Bien sur, on pouvait se douter que ces compagnies ne faisaient pas ça juste pour protéger les ayants droits mais bien pour faire de l’argent mais est-ce que Digiprotect (et sûrement d’autres) ne vont pas trop loin ? En tout cas, d’après Digiprotect, ce buisness est très rentable et ils sont clair, c’est d’abord se faire de l’argent qui est important avant la protection des ayants-droits.

Une question qui revient souvant dans les actions en justice pour téléchargement de fichiers sous copyright est comment les pertes sont évaluées. Digiprotect donne une idée de la manière dont cela se passe: “Nous cherchons à trouver le bon chiffre qui permet de rentrer dans nos frais et de payer les licenses de distribution ce qui correspond à environ 500€. Il ne faut pas demander trop sinon ça ne passe pas devant le juge”. Donc oui, comme on pouvait malheuresement s’en douter les dommages ne sont pas calculer sur une quelconque perte mais uniquement dans le but de maximiser le profit de ces sociétés dites anti-pirates…

Heuresement, en France, nous étions assez largement protéger pour le moment contre ce genre d’affaire malgré des tentatives. Cela va changer avec HADOPI et la ruer de ce type de société vers ce nouveau marché… On ne peut qu’être sur que le même genre de buisness model sera appliqué pour maximiser les gains sans qu’aucun lien avec les pertes ne soient fait. Au final, ce n’est surement pas les artistes qui bénéficient de tout ça mais les patrons des majors déjà suffisament riches et ne sachant pas ce que peut être de l’art si il ne rapporte pas un maximum d’argents rapidement.

Mais au final, qui sont les voleurs ? Des citoyens lambda téléchargeant quelques films ou musiques ou des patrons déjà suffisament riches qui veulent gagner toujours plus au détriment des clients et surtout des artistes ?

Inspiré par TorrentFreak

In the past months we’ve seen that the RIAA has won two prominent lawsuits, raking in $1.92 million and $675,000 respectively. At the same time and outside of the spotlights, thousands of file-sharers were contacted in what can only be described as a pirate ‘honey pot.’Meet Digiprotect, the pirate tracking company that earned its marks tracking down ‘adult’ pirates, but branched out to protecting the works of all sorts of copyright holders. Over the years the company has perfected its pirate tracking tactics to guarantee maximum profits.

Although most companies operating in the same realm try to fly under the radar as much as possible, Digiprotect’s account manager Thomas Hein is more vocal about their business strategies. In an interview he gave a while ago he explains how his company leases copyrights so they can trap potential downloaders.

“We get the legal rights from the companies to distribute these movies to stores, and with these rights we can sue illegal downloaders. Then we take legal action in every country possible, concentrating on the places where such action will be profitable,” Hein says.

So Digiprotect acquires the right to distribute movies, music or games from the rights holders, which they then share on various P2P networks. All they have to do is wait for people to take the bait. If someone tries to download the file they collect the IP-address and initiate legal action through one of their befriended law firms.

That is, if it’s profitable, otherwise Digiprotect can’t afford to protect the copyright holder’s rights, as Hein explains.

“No one working for DigiProtect has a fixed salary. If we make money, everybody makes money. If we don’t, nobody does. This means the lawyers, sales people and customers. It’s all about how much money can be recouped and then sharing it.”

Indeed, it’s all about the money.

“Our success rate is high enough to make good money for everybody,” Hein says, “and it’s also high enough to deter people from stealing content in the future. But we have to be careful about the amount of damages we ask for.”

So how does one go about making ‘good money’? Apparently it’s not only important where you sue people, but also the amount of damages you claim.

“We try to find a figure that covers our costs and pays money to our licensors, which is usually around 500 Euro ($700). Other firms are going for huge amounts of money, and the judges don’t like it. If the judges feel you’re being greedy, they won’t rule in your favor.”

Yes, you’re reading it right. The damage figures are not based on any actual losses, they are carefully calculated to guarantee maximum profits for all parties, except the alleged pirate of course. We can’t help but wonder who the real thieves are here…

Retour sur un abus de pouvoir de Nicolas Sarkozy: Le retrait de l’amendement Bono dans le paquet telecom.

Thursday, December 11th, 2008

Avec quelques jours de retard, un rapide retour sur la suppression de l’amendement Bono dans la loi européenne appellé paquet fiscal. Cette amendement permettait de garantir l’impossibilité de couper une connexion internet pour des raisons de copyright dans le cadre des lois dite de riposte gradué (DAVDSI en France).

Cette amendement a été accepté à la majorité par le parlement mais la commission a fini par la retirer. Il faut savoir qu’au début, Nicolas Sarkozy a fait pression sur la commission pour faire retirer cette amendement mais cela n’a pas fonctionné. Mais finalement, être le président de l’Europe, cela donne apparament des droits au dessus de celle de la démocratie.

Alors qu’est ce que cela va changer, les fournisseurs d’accés FAI font devenir le juge, le jury et la police dans le cadre de savoir si il faut couper ou non la connexion internet de leur client (ou pire donner cette décision a une autorité controlé par les majors comme en France). L’amendement obligeait donc un passage par un tribunal pour ce genre d’affaire afin d’éviter ce regroupement de pouvoir.

On se retrouve dans quelques choses de très dangereux car aucun encadrement n’est prévu par la loi et on peut donc s’attendre à des dérives comme la DAVDSI en France ou les problèmes actuelles en Angleterre avec des dizaines de lettres de raquettes envoyées aux particuliers en les menaçant de divulger leur noms (par grave pour un jeu, mais pose plus de problèmes quand ce sont des films gay hardcore nazi comme c’était le cas avec un couple de retraité).

Bref, notre cher président a encore prouvé son mépris total des procédés démocratiques, son envie de pouvoir (alors la de toute facon personne n’avait pu la manquer avant) et ses liens avec les industrielles et les lobbys. Au final, la seule chance est surement plus du coté des FAIs qui eux ne sont vraiment pas chaud pour implémenter de telles dispositifs qui reviendraient à surveiller leurs clients avec un coup très fort et tout cela pour perdre des clients.

Projet de loi relatif à la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Analyse)

Tuesday, June 17th, 2008

Et voila, on l’a ce fameux texte de loi qui va mettre en place la répression gradué en France. Pas de grande surprise, une ou deux réflexions mais surtout un flicage systématique de l’ensemble des Internautes français. Alors, après que cette loi est été clairement déclarer comme illégale par le parlement européen et à quelques jours de la prise de pouvoir du gouvernement de l’union européenne par la France, que met en place cette loi et qu’est ce qu’elle va changer mais surtout quels sont les risques de dérives ?

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Retour sur une étude des outils de monitoring automatique des réseaux P2P ou pourquoi mon imprimante reçoit des amendes pour partage de fichiers sous copyright

Tuesday, June 10th, 2008

Une étude récente de 3 personnes de l’université de Washington, Département Informatique et Ingénieurie (Michael Piatek, Tadayoshi Kohno, Arvind Krishnamurthy) ont fait une étude pousser des outils de surveillance mise en place par les majors pour envoyer des lettres de menaces automatique. En plus de montrer l’inéfficacité du système, ils ont réussi à recevoir des plaintes pour des ordinateurs ne partageant rien (comme une imprimante).

Les majors employent des entreprises pour rechercher sur Internet des fichiers sous copyright. Leur but est de rechercher qui partagent ces fichiers puis envoyer des plaintes aux FAI correspondant. De plus, avec l’augmentation du traffic sur P2P, les plaintes sont de plus en plus nombreuses et commencent à créer une tension de plus en plus forte entre les majors et leurs clients. Finalement, avec la décentralisation, il est de plus en plus dur de savoir qui partagent et d’où par l’information.

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France: La riposte graduée sera bien mise en place…

Tuesday, April 22nd, 2008

Depuis plusieurs mois, la France discute de la mise en place d’une loi instaurant la riposte graduée. Pour le moment encore en projet, cette loi a été déclaré illégale par un amendement au parlement Européen. Mais ce week-end, pendant le printemps de bourges, la ministre de la culture Christine Albanel, a réaffirmé son intention de défendre ce projet de loi et donc cela, totalement à l’encontre, des directives Européennes…

« Le Parlement européen n’a pas une bonne compréhension de ce que nous allons faire et nous allons le leur expliquer. Le système n’est pas basé sur la répression », a déclaré Christine Albanel selon l’AFP, avant d’ajouter que cette future loi permettrait de « faire respecter le droit des auteurs ». (Clubic)

On peut donc continuer à craindre le pire de cette loi extrêmement dangereuse pour la liberté en France. Cette loi, il faut le rappeller, a été initié par Oliviennes, l’ancien PDG de la FNAC donc une personne sans aucun partie pris d’avance…